h1 ACTUALITE L'actualité des lanceurs spatiaux dans le monde

05/07/2016 - Quinze mois pour révéler les secrets de Jupiter

ActualitéAprès un voyage de cinq ans et de 2,7 milliards de kilomètres, la sonde américaine Juno est arrivée à destination en se plaçant en orbite autour de la planète Jupiter - Photo Nasa (Agrandir)

Après un voyage de cinq ans et de 2,7 milliards de kilomètres, la sonde américaine Juno est arrivée à destination en se plaçant en orbite autour de la planète Jupiter.

A l’approche de la planète géante, le vaisseau a allumé son moteur pendant 35 minutes pour réduire sa vitesse de 2 000 km/h. Il a pu se faire happer par la gravité de Jupiter et s’insérer sur une orbite polaire provisoire de 53,5 jours. La confirmation du succès de la délicate manœuvre est parvenue en Californie, au siège du Jet Propulsion Laboratory à 03 heures 53 TU sous un tonnerre d’applaudissement. Après Galileo en 1995, Juno est la seconde mission dédiée à l’exploration approfondie de Jupiter.

Avant de commencer sa moisson scientifique, Juno va se parquer sur une orbite fortement elliptique descendant jusqu’à 4 000 km de distance de la couverture nuageuse pour ensuite s’éloigner jusqu’à 2,8 millions de kilomètres. Elle va ainsi faire 37 fois le tour de Jupiter sur les seize mois qui lui sont impartis pour découvrir les mystères de la planète.

Juno emporte avec elle neuf instruments qui permettront d’aborder quatre thématiques ; à savoir l’origine des planètes géantes, les différents mécanismes qui régirent l’intérieur de la planète, le fonctionnement des mouvements atmosphériques et du champ magnétique de la planète. A l'aide d'un radiomètre micro-onde et spectromètre imageur infrarouge, la sonde devra dévoiler l'abondance de l'ammoniac et de l'eau dans l'atmosphère jovienne. On se souvient qu'en décembre 1994, Galileo avait largué un petit module atmosphérique qui avait révélé un taux d'humidité très bas dans les couches nuageuses supérieures. Les scientifiques avaient alors pensé que le module avait traversé une zone sèche, ce qui expliquerait que l'eau était présente en quantité insignifiante. Avec une instrumentation adaptée, il sera possible de mesurer ce taux non plus sur une zone bien définie mais sur l'entièreté de l'atmosphère jovienne. Le magnétomètre devra, quant à lui, mesurer le champ magnétique de Jupiter et déterminer sa période de rotation avec plus de précision que ce qui a été fait jusqu'à présent. La sonde devra également mesurer le champ gravitationnel de Jupiter afin de connaître la distribution de la masse de la planète. Il serait intéressant de comparer les résultats obtenus d'une planète gazeuse avec une planète tellurique comme la Terre. Un pack de cinq instruments dressera un portrait en trois dimensions de la magnétosphère de Jupiter, siège des aurores polaires. Le tout sera complété par une caméra qui fournira des images en haute définition des nuages de Jupiter et notamment des pôles.

La mission, dont le coût est chiffré à 1,1 milliard $, devrait durer jusqu’en novembre 2017, à moins que la Nasa ne décide de la prolonger comme c’est souvent le cas. Dans le cas contraire, Juno sera précipitée dans les hautes couches atmosphériques de Jupiter. La recherche scientifique est prévue pour débuter à partir du mois d’août. Quant aux premières images en haute résolution, elles sont annoncées pour le 26 août prochain.



Philippe VOLVERT