Cassini, le chapitre final

Publié par Philippe VOLVERT le 05-04-2017

La sonde Cassini s'apprête à effectuer un dernier tour d'honneur en orbite autour de Saturne avant sa fin de mission programmée pour le 15 septembre prochain - Photo Nasa/JPL-Caltech

La sonde américaine Cassini, en orbite autour de Saturne depuis juillet 2004, est sur le point d’entamer le dernier chapitre de sa mission. Lors d’une conférence, la Nasa a dévoilé le programme que les responsables de la mission ont mis au point pour la « Grande finale » qui s’achèvera par un plongeon fatal dans l’atmosphère de Saturne le 15 septembre prochain.

Les ingénieurs ont conçu un plan de vol qui devrait maximiser la valeur scientifique des derniers mois de vie de la sonde. La Nasa espère ainsi avoir des informations inédites sur la structure interne de la planète, l’origine de ses anneaux et pourquoi pas obtenir le premier échantillonnage de l’atmosphère et des particules provenant des anneaux. Les caméras devraient offrir des images les plus rapprochées des nuages et des anneaux internes de Saturne.

Le 11 avril, le plan de vol sera téléchargé dans l’ordinateur de bord de Cassini. Il prévoit un ultime survol rapproché de Titan le 22 avril. La gravité de la plus grande lune de Saturne incurvera la trajectoire de la sonde qui la fera passer au plus près de la planète. Quatre jours plus tard, elle commencera le premier de ses 22 plongeons entre Saturne et ses anneaux, un espace réduit de 2 400 km. Le risque de collision avec des particules pouvant endommager les instruments scientifiques devrait être minimal. Par prudence, elle avancera en utilisant sa grande antenne comme bouclier.

A la mi-septembre, après une ultime rencontre à distance avec Titan, Cassini se dirigera vers la haute atmosphère de Saturne dans laquelle elle se consumera. Jusqu’à la perte de signal, des données devraient être réceptionnées par les stations de poursuite de la Nasa.

La décision de ce scénario a été prise pour protéger les lunes, notamment Encelade, de toute contamination. Après une mission de 20 ans, dont 13 en orbite autour de la planète, les réserves d’ergols pour les manœuvres orbitales sont au plus bas. Tôt ou tard, la Nasa n’aurait plus été en mesure de contrôler la trajectoire de la sonde avec le risque qu’elle percute l’une des lunes et la pollue.