Premiers résultats de la mission Juno

Publié par Philippe VOLVERT le 26-05-2017

Jupiter en fausses couleurs lors du sixième survol par la sonde Juno - Photo Nasa/SwRI/MSSS/Gerald Eichstädt/Seán Doran

Les premiers résultats de la mission Juno en orbite autour de Jupiter viennent d’être publiés dans la revue Sciences. Alors que l’on pensait connaître la planète géante dans les grandes lignes, force est de constater que les scientifiques devront revoir leur copie sur le fonctionnement de la géante gazeuse.

Les données recueillies au cours des quatre premiers survols remettent en question le modèle d’une structure interne plutôt uniforme. Le noyau, dont sa taille est estimée à 70 000 km, n’aurait pas une surface solide comme on le pensait. Elle se mélangerait à la couche supérieure constituée vraisemblablement d’hydrogène métallique.

Avant la mission Juno, on savait que le champ magnétique de Jupiter était le plus intense du système solaire. Le magnétomètre montre qu’il est encore plus puissant que prévu par les modèles établis à ce jour et qu’il aurait une forme irrégulière. Il est plus intense à certains endroits et plus faible dans d'autres, ce qui suggère qu’il serait généré par une action de dynamo plus proche de la surface, peut-être depuis la couche d’hydrogène métallique.

Sur Terre, les aurores polaires sont provoquées par l'interaction entre les particules chargées du vent solaire et le bouclier magnétique de la planète. Sur Jupiter, le processus semble différent. Elles prennent naissance aux pôles, dans les régions riches en méthane et d'ions contenant trois atomes d'hydrogène et où la température se situe entre 500 et 950 degrés Kelvins.

Les images de la caméra de Juno montrent une atmosphère très tourmentée. Et c’est le moins que l’on puisse dire. Les deux pôles sont couverts de tempêtes tourbillonnaires de taille moyenne (environ une fois la Terre) qui sont densément regroupées. Cependant, le pôle nord de Jupiter ne ressemble pas au pôle sud. Les scientifiques ne connaissent pas encore le processus de formation de ces tempêtes et ne peuvent dire s’il s’agit d’un système dynamique ou d’une configuration stable.

La répartition de l’ammoniac, gaz répandu dans la haute atmosphère de Jupiter, n’est pas homogène. Il se concentre essentiellement le long de l’équateur qu’il ceinture. Les nouvelles mesures montrent qu'il plonge à 300 kilomètres sous le nuage. Il pourrait jouer un rôle moteur dans un processus météorologique.

Lancée en juillet 2011, la sonde Juno est arrivée à destination le 04 juillet 2016. Elle accomplit une orbite autour de Jupiter tous les 53 jours pour effectuer des survols rapprochés de la haute atmosphère, l'observer et l’étudier durant six heures. Trente-trois survols sont programmés. Le prochain est prévu le 11 juillet prochain et permettra de lever un voile sur la tempête la plus gigantesque du système solaire, la Grande Tache Rouge.