Eruptions majeures sur le Soleil

Publié par Philippe VOLVERT le 09-09-2017

Le 06 septembre dernier, le satellite SDO de la Nasa observe une éruption de classe X9.3, la plus intense ces 12 dernières années - Photo Nasa/GSFC/SDO

Alors qu’il est au plus bas de son cycle d’activité, le Soleil ne dort pas pour autant. La preuve a été faite cette semaine avec plusieurs éruptions solaires de classe X. L’une d’elle est la plus puissante de la décennie et a été classée quatorzième au classement des 50 plus grandes éruptions enregistrées depuis 1976.

L’évènement s’est produit dans la région active numérotée 2673, grande comme neuf fois notre planète. Une première tache solaire est repérée le 30 août. Quatre jours plus tard, le nombre de taches dans le secteur va s’accroître de façon exponentielle pour atteindre le nombre de 33 le mercredi 06 septembre. C’est ce jour là que les plus fortes éruptions solaires sont enregistrées.

Après plusieurs éruptions de taille moyenne les jours précédents, une première de catégorie X2.2 est observées à 08 heures 57 TU. Elle ne dure que 13 minutes mais elle est suivie par une seconde beaucoup plus puissante trois heures plus tard. A 11 heures 53 TU, c’est une éruption de classe X9.3 qui ébranle la région. Une dernière de classe X1.3 est détectée le lendemain à 14 heures 20 TU. Fort heureusement, les particules éjectées par ces phénomènes ne faisaient pas directement face à la Terre. Néanmoins, les tempêtes solaires ont eu un impact avec des perturbations de signaux dans les basses fréquences dans certaines régions du globe, notamment en Afrique et en Europe.

Les éruptions solaires qui se sont manifestées ces derniers jours ne sont en rien comparables avec celle détectée le 04 novembre 2003. D’une classe 28.0, elle est la plus puissante jamais enregistrée à ce jour.

Les éruptions solaires se produisent lorsque l’énergie piégée dans les champs magnétiques associés aux taches solaires est brutalement libérée. Les particules à haute énergie émises par ces phénomènes mettent de 2 à 4 jours pour parvenir à la Terre. Elles interfèrent avec le champ magnétique terrestre donnant naissance aux aurores polaires. Elles peuvent causer des dysfonctionnements dans les appareils électriques. Des satellites ont cessé de fonctionné après avoir été frappé de plein fouet par des particules solaires. En 1989, le réseau électrique québécois a souffert d’une tempête solaire plongeant 6 millions de personnes dans le noir.

Les éruptions solaires sont classées en différentes catégories selon l'intensité maximale de leur flux énergétique. Les différentes classes sont nommées A, B, C, M et X. Chaque classe correspond à une éruption solaire d'une intensité dix fois plus importante que la précédente, où la classe X est la plus intense.